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Sus lou darnié viro-viro

Sur le dernier vire-vire
On the last vire-vire

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Photo Jouve, bijoutier rue du Petit-Change.

Lien permanent 32 commentaires Pin it!

Commentaires

  • Au grand soleil l’alose, avec son ventre blanc, lançait un instant des éclairs avant de tomber au fond de la barque. Je crois que j’avais déjà dit mes émotions de petite enfance à la vue de ces grands poissons pris au piège.
    Exceptionnelle photo car elle est en couleurs et nous montre en gros plan le détail d’un viro-viro (dit aussi viro-soulet, viro-blanchard) très bricolé. Les deux grands filets grillagés étaient appelés les sartan (poêles). On voit bien à droite le réceptacle en cannes, astucieusement conçu, qui faisait tomber le poisson (alose ou lamproie) dans la barque. On adaptait la vitesse de rotation grâce à cette planche plongeante que l'on voit (aspect d'une pancarte au bout d'un mat fixé sur l'axe tournant). Sur celle-ci une cabane pour les nuits de veille. Il fallait surveiller les prises. Mais aussi, si les eaux étaient basses, qu’elles restent à un niveau suffisant pour que les sartan tournent. Dans la journée les viro-viro tournaient souvent tout seuls. On pêchait aussi l’alose avec des tombo-levo, sortes de très gros carrelets à deux mats. Aloses mais aussi esturgeons, le dernier ayant été capturé en 1930 sur la rive gardoise. On pêchait l’alose entre mars et juin. « Après elle n’était plus bonne, elle était délavée et c’était immangeable » (souvenirs de Jean Vaton). Chaque année ma mère allait en acheter une aux halles. Elle la cuisait longtemps avec l’oseille et un peu d’eau de vie pour faire fondre lis espino (les arêtes). Le goût de l’alose fondante a rejoint celui de la brousse du Rove, rangé au rang des souvenirs.
    Nos viro-viro avignonnais se déplaçaient peu. Celui-ci est le troisième. On a surtout connu le dernier, près de l’arrivée du bac à traille.

  • Jolie photo ! Tilia a raison, le pont est très beau.
    Merci à Lou Ravi pour les explications.

  • Et qu'en est-il aujourd'hui de la pêche aux aloses dans le Rhône ?
    Presque disparue en Loire.

  • Une recette de mon cher ami Jean Victor Joubert... !

  • Ce vire vire est peu être celui du Père Colonge .Car son fils nous rabattait les oreilles en nous parlant des pêches de son père et il entrait en colère quand il croisait le fils du vire vire concurrent...
    Il nous disait que son vire vire avait été coule en lieu et place
    Cette photo a été prise par Mr Jouve ex bijoutier (décède environ 3 ou 4 mois ) .Sa boutique était entre la Place du Change et la Rue des Marchands dans cette petite rue ou il y a le cordonnier et à l'angle SFR
    Pour moi c'est une des plus belles vues d'Avignon

  • .../...
    Lorsque le Rhône était le Fleuve-Dieu sauvage,
    Point encore castré par digues et barrages,
    Indomptable et fougueux quand le mistral le fouette,
    Crainte des riverains et bonheur des poètes,
    Braconniers et pêcheurs, au mois des primes roses
    Armaient les vire-vire pour pêcher les aloses.
    C'étaient des bateaux larges aux ailes de moulin
    Arrimés à la rive par quatre gros filins.
    Deux paniers grillagés, avec le courant, tournent.
    Lorsque l'un est en haut, son opposé s'enfourne
    Dans l'onde trouble et vive où peinent les aloses
    Cherchant un abri sûr pour que leurs œufs éclosent.
    Beaucoup n'arriveront jamais à leur frayère,
    Cueillies par les paniers montant vers la lumière.
    Enlevée dans les airs, l'alose se tortille
    Dans une pluie dorée de gouttes qui scintillent.
    Elle tombe, ahurie, dans le fond de la barque
    Où le fil de sa vie est coupé par les Parques.
    Le pêcheur, averti, en interrompt sa sieste,
    Achève le poisson d'un coup de barre preste,
    Bois un coup de rosé si sa gorge s'assèche,
    Puis se rendort, heureux: pour lui le Rhône pêche!
    Cette façon subtile, je crois unique en France
    N'a pu être inventée que chez nous, en Provence!
    Il paraît que certains, les nuits de pleine lune,
    Jouant flûte et violon au bord de la lagune
    Ont eu, comme Aristote, la fantastique chance
    De voir, debout sur l'eau, les aloses qui dansent...
    .../...

  • pour les gourmets:

    Le vira-vira, ainsi que « l'alose à l'oseille », sont connus dans de nombreuses communes des rives du Rhône et sont particulièrement liés à l'identité d'Avignon.
    Préparation:
    L'alose est cuite à l'étouffée (a l'estofada, a l'estofèia) – à court mouillement et couvert – pendant de nombreuses heures, avec de l'oseille , parfois des patiences (autres herbes du genre Rumex appelées lapaç en provençal), et de l'alcool ou de l'eau-de-vie. Le mélange d'alcool et d'oseille fait « fondre » les arêtes du poisson, qui devient ainsi beaucoup plus facile à manger.

    Un mets rare

    L'alose est devenue très rare sur les rives du Rhône près d'Avignon, et a peut-être disparu, en raison de l'édification de barrages, notamment celui de Vallabrègues. De plus, la consommation de poissons du Rhône est maintenant interdite pour cause de pollution au PCB (polychlorobiphényle).

  • La situation piscicole du Rhône, son suivi, sont sur divers sites internet.

    La photo semble avoir été faite alors que le vire-vire était abandonné. Comme je l’écrivais la régulation était faite par une planche faisant frein dans l’eau ou par un contrepoids. En y regardant de plus près on dirait que le support du frein (ou contrepoids) est cassé. On l’a rallongé pour y fixer deux planchettes qui semblent porter une inscription. Pour tenter de dater la photo : le Rhône est encore vif et l’on n’a pas démoli le bâtiment de l’ancienne conserverie que l’on devine derrière la dernière arche.

    Rectif en ce qui concerne l’esturgeon :

    1) Dans Le Provençal du 21 octobre 1990 Léonce Marel nous livre ses souvenirs de marinier. Parmi ceux-ci : « et puis il y a eu cette prise extraordinaire dans les années 50 d’un esturgeon de 120 kg en face le pont Saint-Bénézet, un peu en amont »

    2) Dans Le Comtadin du 9 février 1989 article de l’ami Jean-Pierre Belmon sur le dernier pêcheur professionnel d’Avignon : Daniel Cozzone. Il pêchait au filet. Avec la création de la Halte Nautique on avait voulu lui faire payer un droit, comme pour les bateaux de plaisance. Il arrivait à sortir des dizaines de kg de poissons. Fini aujourd’hui avec barrages et pollution. Dans cet article D. Cozzone nous apprend la prise d’un esturgeon de 83 kg à Arles en 1986. Mais déjà les aloses avaient du mal à dépasser Beaucaire…

  • c'était une autre époque que les moins de.................

    /— Et comment tu la cuis, ton alose, Victor ?

    — Oh ! Vaï t'en plan, pitchoun, y a pas lou fio a bord !

    Sers-moi d'abord un coup de rosé du Ventoux

    Ou de Côtes-du-rhône, et je te dirais tout.

    L'alose, tu la laves, tu l'écailles, la vides.

    Tu réserves les œufs dans un torchon humide,

    Prends-en un soin jaloux, c'est les meilleurs morceaux

    Pour les gourmets, c'est le caviar des Provençaux.

    Puis tu tranches la tête et la fends en longueur,

    Coupe l'alose en darnes de deux doigts d'épaisseur.

    Tu auras pris chez un compère jardinier

    Une brassée d'oseille, des épinards triés.

    Tu vas hacher ces herbes assez grossièrement:

    Elles vont te servir en accompagnement.

    Tu prends une cocotte, mais une vraie, en fonte!

    Des cocotte-minute n'accepte pas la honte.

    Tu graisses bien le fond, mais à l'huile d'olive

    C’est le nec plus ultra, faut pas que tu t'en prives.

    Au tonneau de vin blanc, tu remplis un cruchon,

    Puis tu places la tête, ouverte, sur le fond.

    Tu recouvres d'un lit d'oseille et d'épinards

    Sel, poivre noir, muscade, va-z-y, sois pas flemmard.

    Tu dois y mettre aussi des oignons émincés,

    Certains cuistots rajoutent... oui, du petit-salé.

    De ton huile d'olive, une bonne giclée

    Car pour ta réussite c'est là l'une des clés.

    Mets tes darnes à plat, sur l'herbe, bien serrées,

    Qu'elles ne bougent pas quand ça va macérer.

    Un autre lit d'oseille, encore un de poisson

    Chaque fois sel et poivre et de l’huile, un soupçon.

    Lorsque tout est placé, bien délicatement,

    Tu poses sur le tout les œufs avec leur poche.

    N'aie pas peur de forcer sur l'assaisonnement

    Car ce n'est qu'un poisson, et pas de la bidoche.

    On atteint maintenant un moment crucial,

    Pour réussir ton plat, voilà le principal:

    Tu arroses le tout de trois verres de gnole.

    Des verres de soiffards, pas des verres symboles.

    Enfin tu mouilles avec du blanc sec de Laudun,

    Mais pas trop tout de même: ce qui est opportun.

    Tu fermes ta cocotte bien hermétiquement

    Avec la mie de pain mouillée légèrement.

    Arrive maintenant le temps de la cuisson,

    Sa longueur fondra les arêtes du poisson.

    C'est sous la cendre chaude, dans un cantoun de l'âtre

    Que doit cuire l'alose, dans les braises rougeâtres.

    Cuis-la huit heures au moins d'une chaleur tranquille.

    Le tout sera confit. Une alchimie subtile

    Des herbes et de l'alcool dissoudra les arêtes.

    Petit, sers-moi à boire, ou sinon je m'arrête !

    C'est un plat rituel pour tous les gens du Rhône.

    Enfin, écoute-moi: l'alose est très friponne,

    Après tout le plaisir qu'elle te donne à table

    Elle fera de toi un gaillard redoutable !

    Tu seras comme un cerf quand résonne son brame:

    Ce plat est souverain... pour le bonheur des dames.

    Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

    Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre

    De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

    Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne./

  • Eh bien voilà!! Mais manque encore le début:

    L'alose d' Avignon comme ma mère

    - Regarde bien, petit, cette superbe alose
    Les anciens l'appelaient “la princesso dou Rose”
    Éclair de vif argent, longue, fine et puissante
    Bien que lourde des flancs, elle reste élégante.
    Sais-tu que c'est l'amour dont elle est satisfaite
    Qui va te l'amener, demain, dans ton assiette?
    Respecte-la, petit, et débouche le vin
    Car manger de l'amour est un plaisir divin.
    C'est un poisson magique, délicieux à manger
    En bonne compagnie. Et subtil à pêcher!


    Bon appétit!

  • La même photo, prise entre 1909 (arrivée de Charles Bartesago à Avignon) et 1933 (restitution des tourelles d'entrée du palais) :
    http://avignon.midiblogs.com/archive/2012/05/04/atmousfero-1900-lou-viro-viro.html#comments

    Et pour dater celle-ci, un rappel de la vue aérienne très semblable, mais en noir et blanc, avec un copié-collé de l'argumentation d'Alain Breton :
    http://avignon.midiblogs.com/archive/2014/11/11/au-bord-dou-rose-dins-lis-annado-sieissanto-819683.html#comments
    "Un détail permet toutefois de rejeter une datation "années 60" : la ligne de platanes qui s'étend jusqu'au pont Saint Bénezet. Une vue aérienne IGN de septembre 1961 montre cette ligne interrompue au niveau de la tour Poulin, comme elle est de nos jours, alors que la campagne de photos immédiatement antérieure (1956) la présente exactement comme sur ce cliché.
    Ce document date donc probablement des années 50, ..."

    Et une datation avec discussion d'experts en fonction des couleurs de la photo, cela peut se faire ?

  • A propos de la datation, un débat intéressant pourrait démarrer sur la notion de couleur...

    Pour ma part, j'aurai tendance à y voir les tonalités d'un Ekta de l'époque, étant entendu que les pellicules couleur - qu'elles soient positives ou négatives - dégénèrent dans le temps, ce qui rend les interprétations toujours délicates.

    Par contre, un petit détail me saute aux yeux : en rapprochant le cliché couleur de celui NB dû à Frédéric Lamouroux (salut, cousin !) , on voit que le bas des arches est bien moins "lavé" sur le cliché NB.

    Une explication pourrait donc être :

    - cliché Lamouroux antérieur à 1951 (date d'une crue centennale, niveau atteint 7.30m, soit de l'ordre de celle de 2003).

    - cliché Jouve compris entre 1951 (crue qui lave le bas des arches) et 1961 (platanes rasés devant le pont).

    Le tout compatible avec l'émulsion photographique dont il est question plus haut... mais sans garantie du gouvernement.

  • Bonjour à toutes et à tous,

    Je suis très reconnaissant aux personnes qui ont échangé sur la question des vire-vire. vos informations et commentaires sont précieux.
    Je suis géographe, spécialisé dans l'histoire des rivières et de l'énergie et des moulins.
    Depuis bientôt trois ans je mène une enquête géographique, ethnologique et historique sur la pêche des aloses au moyen du vire-vire sur le section qui s'étend de Valence à Beaucaire, avant que la mémoire humaine ne s'évanouisse à jamais.
    Je commence à avoir une documentation intéressante, mais j'ai encore beaucoup de manques. La vallée du Rhône est longue... J'ai déjà effectué des recherches en archives, collecté des photos, effectué des entretiens, mais ce qui me manque le plus sont des témoignages et des souvenirs de personnes retraitées, ou non ayant le plus infime souvenir sur cette pêche, les familles de pêcheurs, les heurs et malheurs de ces machines originales, toutes les photos possibles pour pouvoir bien comprendre ce qui s'est passé. Cette collecte documentaire et de témoignages servira à la confection et à la publication d'un livre, à la mémoire de cette activité à tout jamais disparue.
    Je remercie par avance toutes celles et tous ceux qui pourront m'aider dans cette tâche.
    Vous pouvez me joindre par courriel à l'adresse suivante. jph.azema@wanadoo.fr
    ou par le biais de mon site internet: patrimoine-industriel-et-moulins.eu
    A bientôt.
    D'avance merci.
    Jean-Pierre AZEMA

  • Bonjour à toutes et à tous,

    Je suis très reconnaissant aux personnes qui ont échangé sur la question des vire-vire. Vos informations et commentaires sont précieux.
    Je suis géographe, spécialisé dans l'histoire des rivières et de l'énergie et des moulins.
    Depuis bientôt trois ans je mène une enquête géographique, ethnologique et historique sur la pêche des aloses au moyen du vire-vire sur la section qui s'étend de Valence à Beaucaire, avant que la mémoire humaine ne s'évanouisse pour toujours.
    Je commence à avoir une documentation intéressante, mais j'ai encore beaucoup de manques. La vallée du Rhône est longue... J'ai déjà effectué des recherches en archives, collecté des photos, effectué des entretiens, mais ce qui me manque le plus sont des témoignages et des souvenirs de personnes retraitées, ou non ayant le plus infime souvenir sur cette pêche, les familles de pêcheurs, les heurs et malheurs de ces machines originales, toutes les photos possibles pour pouvoir bien comprendre ce qui s'est passé. Cette collecte documentaire et de témoignages servira à la confection et à la publication d'un livre, à la mémoire de cette activité à tout jamais disparue.
    Je remercie par avance toutes celles et tous ceux qui pourront m'aider dans cette tâche.
    Vous pouvez me joindre par courriel à l'adresse suivante. jph.azema@wanadoo.fr
    ou par le biais de mon site internet: patrimoine-industriel-et-moulins.eu
    A bientôt.
    D'avance merci.
    Jean-Pierre AZEMA

  • re-bonsoir,

    J'ai oublié une question importante. Qui peut m'aider à savoir pourquoi le vire-vire est parfois nommé Vire-Blanchard, surtout sur la rive provençale du Rhône ?
    Merci d'avance pour votre aide.
    Cordialement.
    Jean-Pierre Azéma

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