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│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ - Page 380

  • Tout lou mounde ié passo !

    Tout le monde y passe !
    Everyone passes there !

    « La construction du pont de Saint Benézet, à Avignon, fut l'un des événements remarquables du douzième siècle. De notre temps, le premier chemin de fer a excité moins d'admiration et d'enthousiasme que n'en soulevèrent, parmi les populations, à cette époque éloignée, l'audace et le bienfait du premier chemin de pierre jeté en travers du Rhône. Ce monument gigantesque parut une inspiration divine. Il établissait comme un nouveau lien de fraternité entre la Provence, le comtat Venaissin et le Dauphiné, il mettait fin à des difficultés de communication et à des dangers sans nombre. Le pauvre peuple surtout ne se lassait point de s'extasier sur cette possibilité de passer désormais d'une rive à l'autre du vaste fleuve à pied, à cheval, en chariot, à toute heure, en tout temps, en toute saison, si rapidement avec tant de sécurité. Quelque chose de ce naïf ébahissement universel s'est transmis jusqu'à nous dans le premier vers de la célèbre chanson :
    Sur le pont d Avignon, tout le monde y passe ! »
    Édouard Charton - Le Magasin Pittoresque - 1846.

    Mais aussi :
    Sur le pont d'Avignon, tout le monde y passe.
    Sur le pont d'Avignon, tout le monde y passe.
    Les hommes font comme-ci, comme-ci.
    Les dames font comme-ça, comme-ça...

    « Déjà nous avions franchi le bras du Rhône qui sépare la ville de l'île Barthelasse jetée comme une corbeille de fleurs au milieu du fleuve non loin du vieux pont qui réunissait autrefois le Languedoc à la Provence. Vous n'avez pas oublié la ronde avec laquelle on berça notre premier âge et que les bonnes et les nourrices chantent encore à nos enfants :
    Sur le pont d Avignon
    Tout le monde y passe.
    Eh bien cette chanson-là avec ses airs d'innocence n'est aujourd'hui qu'une raillerie amère. Aujourd'hui le pont d'Avignon n'est plus qu'une ruine et depuis bientôt deux siècles personne n'y passe ! De ses vingt deux arches il n'en reste plus que quatre qui s'appuient sur la rive gauche du Rhône. »
    Revue du Lyonnais tome XXI Imprimerie de L. Boitel Lyon 1845.

    Mais aussi :
    Sur le pont d'Avignon,
    Tout le monde y passe, passe,
    Sur le pont d'Avignon,
    Tout le monde y passe en rond.
    Le Gaulois - N°125 - Samedi 18 novembre 1882.

    C'est également une expression :

    « Partout c'est la ruée vers le gagne-pain ; c'est l'âpre mêlée, inéluctable. C'est comme sur le pont d'Avignon, tout le monde y passe ; il faut en prendre son parti.
    Cours de Français - Les Frères de l'Instruction chrétienne - Livre du Maître SD.

    « L'épuration d'une ville ou d'un village n'est parfaite que si chacune et chacun, à l'heure dite, étale ses titres sous les yeux du gardien de l'ordre. Comme sur le pont d'Avignon, tout le monde y passe. Le procédé est vexant soupirent les grincheux. »
    L'Ouest-Éclair - N°15.017 - Mardi 21 décembre 1937.

    « Sur le Pont d'Avignon tout le monde y passe. Quel écrivain redoutable il est ! Griffe ici, griffe là, sous le velours d'une phrase ondulée, des espiègleries verbales qui frisent l'exagération. »
    Benoît Lacroix - Pour lire les Mémoires de Lionel Groulx (1878-1967) - Éd. IHAF 1970.

    Expression qui pourrait bien également avoir son origine rue du Pont-Trouca :

    « N'oublions pas de remarquer, en passant, que le vieux refrain populaire
    Sur le pont d'Avignon,
    Tout le monde y passe,
    pourrait bien être une allusion joyeuse à la mauvaise renommée de la rue du Pont-Traucatou-Troué. Cette rue avait des étuves si malfamées, qu'un synode, tenu à Avignon le 17 octobre 1441, défendit aux ecclésiastiques et aux hommes mariés, de fréquenter ce lieu de Prostitution... »
    Pierre Dufour - Histoire de la prostitution chez tous les peuples du... - Éd. Seré Paris 1853.
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    Version Monsieur :
    ♫ Sur le pont d'Avignon
    tout le monde y passe ♫
    (1)

    Version Madame :
    ♫ Sur le pont d'Avignon
    tout le monde y passe ♫
    (2)
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  • Avignoun boujarroun : la touristo vieneso

    Avignon fripon : la touriste viennoise
    Naughty Avignon : the viennese tourist

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    Photo X. D.R.

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  • Balouard dóu Rose souto lou Segound empèri

    Boulevard du Rhône sous le Second empire
    Rhône boulevard during the Second Empire

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    Photo Édouard Baldus vers 1861-63.

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  • Avignoun d'aiours 12 : lis Avignonesi

    Avignon d'ailleurs 12 : les Avignonesi
    Avignon from somewhere else 12 : the Avignonesi
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  • Desvouloupamen dóu tourisme dis insèite

    Développement du tourisme des insectes
    Development of insect tourism

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    Hôtel à insectes, chemin des Canaux. Hotel for insects, Chemin des Canaux.

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  • Avignoun, jun 1814 - 5/5

    Avignon, juin 1814 - 5/5
    Avignon, june 1814 - 5/5

    SOUVENIRS MILITAIRES D'HYPOLITE D'ESPINCHAL

    LA FÊTE-DIEU

    Cependant, à quelques jours de là, un autre incident faillit devenir plus grave ; c'était l'octave de la Fête-Dieu, époque à laquelle le clergé d'Avignon et la population entière célèbrent cette fête avec la plus grande pompe.

    Le régiment, à pied, dans une tenue parfaite, escortait une immense et belle procession, composée de toutes les églises de la ville, des congrégations avec leurs drapeaux, des différents saints des paroisses, d'une vierge en argent portée et entourée par de jeunes filles vêtues de blanc dont les cantiques montaient au ciel ; puis, venaient les diacres, les sous-diacres et les chantres couverts de leurs chapes d'or, chantant des hymnes, auxquels succédait la musique militaire ; apparaissaient ensuite une douzaine d'enfants de chœur en soutane et calotte rouge, mêlés avec de petites vierges de dix à douze ans, encensant et jetant des fleurs en avant d'un dais d'une magnificence incroyable, sous lequel le vénérable curé de la cathédrale portait le Saint-Sacrement avec autant d'onction que de respect ; en arrière de ce dais, venait l'archevêque dans toute la splendeur de son costume, la mitre en tête, une crosse d'or à la main et suivi des premières autorités de la ville, après lesquelles venait la population sans distinction de rang, marchant avec calme et dans un profond silence.

    Tout cela inspirait de religieuses pensées, surtout en voyant cette foule s'agenouiller respectueusement et dévotement au moment où le prêtre exposait le Saint-Sacrement sur l'autel d'un élégant reposoir et donnait la bénédiction.

    Cette pieuse et sainte cérémonie était sur le point de finir, lorsque, tout à coup, la marche est suspendue, et l'on entend, dans le lointain, un bourdonnement mêlé de tumulte et de cris menaçants qui parviennent jusqu'à l'archevêque, surpris, étonné et presque effrayé, attendant avec anxiété qu'on l'instruise de cette scandaleuse interruption. Placé près du général et du préfet, j'apprends bientôt par un adjudant-major qu'en face d'un reposoir et au moment où la tête de la procession défilait, un buste en plâtre de Louis XVIII, lancé par une fenêtre, était venu se briser sur le pavé et que l'auteur de ce délit était un maréchal des logis du régiment dont une blessure à la tête s'était rouverte depuis quelques jours ce qui lui occasionnait de fréquents accès de transports. Aussitôt après avoir rendu compte au général de ce qui se passait, je me rends sur les lieux et trouve un peloton de la compagnie d'élite placé fort heureusement en avant de la procession, tenant tête à une populace en fureur qui voulait enfoncer la porte de la maison pour massacrer l'auteur de ce scandale. Pensant aussitôt qu'il serait inutile d'entreprendre de faire entendre raison à cette foule exaspérée qui grossissait à chaque instant, j'affecte la plus grande colère et, m'adressant à la troupe « Chasseurs, dis-je, emparez-vous de ce misérable et qu'on le conduise au cachot ou qu'on l'y transporte s'il est malade, afin que la justice ait son cours et qu'il subisse la punition de son crime. Bravo ! disait le peuple, il sera fusillé et il l'aura bien gagné ! En effet, enveloppé dans une couverture, placé sur un matelas, ce malheureux sortit au milieu des vociférations du peuple qui hurlait « À mort, le renégat ! » Mais, entouré et défendu par les chasseurs, il échappa à leur vengeance et fut transporté à l'hôpital.

    Tout cela se passa en moins d'un quart d'heure et la procession, reprenant sa marche, se termina tranquillement.

    L'avant-veille de notre départ, la municipalité, voulant donner au régiment des marques de satisfaction sur la discipline et la bonne conduite qu'il avait tenues, témoigna le désir de le lui exprimer d'une manière authentique ; à cet effet, une grande manœuvre eut lieu dans une vaste plaine non loin de la ville où se transporta une partie de la population d'Avignon.

    Des pièces de vin y furent portées et la santé du Roi bue aux acclamations générales de cette même population qui, à notre arrivée, aurait voulu pouvoir nous jeter tous dans le Rhône. Ainsi est faite partout cette masse de fainéants, de mauvais sujets, d'ouvriers inactifs, lâches, stupides, incapables de se mouvoir sans impulsion et à qui l'idée de se révolter ne viendrait jamais, si des hommes d'énergie, aux mauvaises passions, ne faisaient entrevoir, dans l'anarchie, le vol, le pillage et le rapt.

    Le soir de notre manœuvre, l'ébullition populaire s'étant maintenue en faveur des chasseurs et, ne trouvant aucun inconvénient à les laisser jouir du dernier enivrement de cette ville que nous devions quitter le lendemain, il y eut, sur la grande place et dans les faubourgs, des danses et des farandoles échevelées qui durèrent une partie de la nuit, au milieu d'une joie aussi effrayante qu'une émeute. ♦

    In "Souvenirs militaires" d'Hippolyte d'Espinchal 1792-1814
    publiés par Frédéric Masson et François Boyer - Paris - 1901
    Société d'Édition Littéraires et Artistiques - Librairie Paul Ollendorff

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  • Avignoun, jun 1814 - 4/5

    Avignon, juin 1814 - 4/5
    Avignon, june 1814 - 4/5

    SOUVENIRS MILITAIRES D'HYPOLITE D'ESPINCHAL

    LE PEUPLE SOUVERAIN D'AVIGNON - LES ÉMEUTES À AVIGNON

    Les trois semaines que nous passâmes à Avignon furent plus que suffisantes pour nous attirer les sympathies des habitants au point que, lorsque l'ordre de notre départ arriva, les autorités de la ville voulaient demander au ministre de la Guerre de nous garder ; mais elles en furent détournées par le général Mermet qui déjà avait écrit vainement à cet effet ; mais, ce qui prouva du moins que nous avions rempli nos engagements et qu'en alliant la justice et la fermeté, on parvient à calmer le peuple le plus revêche.

    C'est ici l'occasion, avant de quitter cette ville, de rappeler quelques faits dont plusieurs journaux entretinrent leurs lecteurs et qui servent à prouver l'inconstance des hommes en matière politique, ainsi qu'on doit attendre d'une révolution quelconque.

    Huit jours s'étaient écoulés depuis notre arrivée à Avignon sans qu'aucune rixe ni la moindre plainte eussent mérité le blâme des autorités, l'accord le plus parfait régnait entre nous et les habitants et rien n'annonçait qu'il dût être troublé, lorsqu'un jour, je reçus une lettre anonyme, s'exprimant dans les termes les plus honnêtes, m'annonçant, pour le lendemain, la visite de quelques malotrus dont les intentions semblaient hostiles et m'engageant à me tenir sur mes gardes ; les expressions de cette missive avaient un caractère de telle vérité qu'il me fut facile de comprendre pourquoi elle n'était pas signée, et ne doutant pas de la véracité de son contenu, je pris mes dispositions en conséquence ; en effet, sur les neuf heures du matin, moment assez mal choisi par les visiteurs puisque c'était celui du rapport où les officiers devaient se présenter chez moi, on me prévint que trois individus assez mal vêtus désiraient me parler ; je fis aussitôt placer les officiers dans une chambre attenante à celle où j'étais, ne gardant près de moi que l'adjudant sous-officier et ordonnai de faire entrer les trois personnages en question ; parmi eux se trouvait ce même homme qui, lors de notre arrivée en ville, m'avait si impertinemment frappé sur le genou en me faisant part de ses désirs ; j'avais eu, depuis, des renseignements sur cet homme abominable qui, en 93, avait été un des principaux acteurs des horribles massacres de la Glacière à Avignon et était devenu un atroce démagogue royaliste, tout prêt à commettre de nouveaux crimes.

    Lorsqu'on introduisit ces trois individus à la figure ignoble et sinistre, j'étais assis le dos tourné à la muraille, ayant devant moi une grande table en forme de bureau sur laquelle se trouvaient quantité de papiers et un pistolet ; j'en tenais un autre entre mes mains, et j'y introduisais la baguette comme ayant l'air de vouloir m'assurer qu'il était bien chargé ; debout, et à ma gauche, était l'adjudant. « Que voulez-vous, dis-je à ces trois hommes sales, débraillés et insolents dans leurs manières ? Monsieur, me dit celui de ma connaissance, nous avons appris que vous étiez noble et qu'on vous appelait comte, et nous venons au nom de la population vous témoigner la surprise où nous sommes que vous n'ayiez point encore fait, ainsi que votre régiment, des démonstrations royalistes franches et énergiques, vous invitant à y adhérer sur-le-champ, si vous voulez éviter les désagréments qui pourraient arriver dans le cas contraire. »

    Ces insolentes paroles, l'air ignoble de ces trois porte-faix sentant l'eau-de-vie et le tabac, m'inspirèrent un tel dégoût et un mépris si profond que, reprenant aussitôt mon sang-froid prêt à m'échapper, je fis un signe à l'adjudant qui fit à l'instant rentrer les officiers qui étaient dans la chambre à côté.

    « Messieurs, leur dis-je, je vous présente cette honorable députation se disant la voix du peuple d'Avignon, parmi laquelle vous distinguerez (en désignant du doigt) le sieur Tristany, de sinistre mémoire, qui vient nous donner des conseils un peu brusques sur la conduite que nous avons à tenir ici, si nous voulons mériter la bienveillance des habitants. Mais, comme j'ai l'assurance que vous pensez comme moi à cet égard et qu'il n'appartient qu'à notre général de nous donner des ordres, je vais prier ces messieurs de vouloir bien attendre la réponse qui nous sera faite à ce sujet. » Et, sur un autre signe à l'adjudant, celui-ci sortit et revint aussitôt accompagné d'un maréchal des logis et huit chasseurs de la compagnie d'élite, invitant la susdite députation à les suivre à leur poste ; ces misérables, stupéfaits d'abord et comme atterrés, reprirent bientôt leur insolence et proférèrent des menaces qui se perdirent dans le lointain lorsque les chasseurs les emmenèrent. Je me rendis aussitôt près du général qui me conduisit chez le préfet, lesquels approuvèrent ma conduite et ce dernier, en faisant venir mes prisonniers, les remit entre les mains du procureur du roi.

    La ville fut bientôt instruite de cet événement, et, le soir, nos chasseurs dansaient des farandoles avec les femmes et les filles de ce même peuple qui riait de la mésaventure de ses prétendus députés.

    À suivre...

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