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Cènt an après lou Grand Bar / Cent ans après le Grand Bar / A century after the Big Bar



« (...) La photo permet de voir le Grand Bar dans son entier alors que d’ordinaire on ne voit que la façade. Son architecture est lourdingue mais tous les avignonnais étaient attachés à cet établissement qui savait tour à tour bruire comme une ruche les soirs de spectacle ou dans la journée accueillir ouvriers, étudiants, employés et bourgeois dans un calme feutré. J’étais jeune mais je me souviens des longues banquettes de moleskine rouge et des grandes glaces (?) au tain terni comme celles du Grand Café. Freyssinette Billon (Cocteau lui dédicacera un dessin) y avait ses habitudes et y retrouvait peut-être, là comme à l’Auberge de France, les artistes, musiciens, écrivains qu’elle recevait dans le Petit Manoir son hôtel-restaurant des Angles : Vilar, Gérard Philippe, Wilson, Maurice Jarre, Avron, Georges Lavelli, Alain Cluny, Sylvia Montfort etc. »
Lou Ravi

Commentaires

  • le lopin n'a pas changé de forme - l'immeuble est un peu moins sot que le quartier remodelé auquel il se ratache - le rez de chaussée le plus souvent désespérément vide - et Brigetoun vire sur l'aile pour continuer son chemin vers l'antre

  • Absent pour cause de Féria d’Arles (qui a connu hier un record de fréquentation, j’y ai rencontré de nombreux avignonnais) je retrouve avec plaisir le blog. D’autant plus que la photo permet de voir le Grand Bar dans son entier alors que d’ordinaire on ne voit que la façade. Son architecture est lourdingue mais tous les avignonnais étaient attachés à cet établissement qui savait tour à tour bruire comme une ruche les soirs de spectacle ou dans la journée accueillir ouvriers, étudiants, employés et bourgeois dans un calme feutré. J’étais jeune mais je me souviens des longues banquettes de moleskine rouge et des grandes glaces (?) au tain terni comme celles du Grand Café. Freyssinette Billon (Cocteau lui dédicacera un dessin) y avait ses habitudes et y retrouvait peut-être, là comme à l’Auberge de France, les artistes, musiciens, écrivains qu’elle recevait dans le Petit Manoir son hôtel-restaurant des Angles : Vilar, Gérard Philippe, Wilson, Maurice Jarre, Avron, Georges Lavelli, Alain Cluny, Sylvia Montfort etc.
    Les Cariatides ou Atlantes, je ne sais plus, ont été récupérées. Ce que l’on voit dans la salle du Cintra ne sont-elles pas des copies ?

  • C'est vrai qu'ils (les Duffaut boy's) ont fait une brave merde à la place de ce bistrot flamboyant. A l'image du quartier de la Balance, derrière: un ghetto à bobos qui vieillit bien mal!

    Aïoli!

  • Encore plus de raideur rébarbative dans la nouveauté!
    Ces balcons en surplomb n'auraient-ils point besoin de Cariatides pour les soutenir?

  • quand j'étais étudiante en architecture (ça n'a pas duré et c'est vieux) ou juste après, le quartier de la Balance était pour nous l'exemple de ce qu'il ne fallait pas faire - et ça m'agace de buter dessus - m'agace aussi quand je tracte qu'il soit aussi cadenassé

  • Le quartier s'est boboïsé, il est vrai, mais pourquoi parler de plusieurs Duffaut ? C'est bien à l'initiative du seul Henri Duffaut, maire socialiste, que La Balance a été rasée pour faire place à des logements de "standing"...

  • Lou Ravi =>

    Je n'ai vu au Cintra que deux nymphes demi-nues de taille moyenne encadrant la porte d'entrée centrale. Elles ont été peintes avec une peinture dorée qui empêche de connaître la matière, mais je pense qu'il s'agit de stuc.

    Rien à voir avec des caryatides ni même avec les atlantes du Grand Bar... alors, où sont-ils donc ceux-là ?

  • Après la MJC c'est trop d'honneur ! Les deux Atlantes qui se trouvaient à l'intérieur ont bien été récupérées (peut-être par M. Valli) et sont bien au Cintra, cours Jean Jaurès. LR.

  • J'ai appelé chez moi (suis à Marseille) pour que l'on jette un oeil sur le livre de Jean Mazet "Les cafés d'Avignon" ( Ed Barthélemy 2001). Toute l'histoire du Grand Bar y est. Y compris les photos des deux cariatides intérieures (cariatides et non atlantes comme je l'écrivais) trônant désormais au Cintra. Les atlantes de la façade par contre ont disparu...

  • Lou Ravi =>

    J'ai mal lu votre dernier commentaire ("à l'intérieur" !) mais j'ai trouvé la réponse dans le livre de Jean Mazet "Les cafés d'Avignon" :

    Les deux soi-disant "atlantes" qui ont été récupérés et transportés au Cintra sont bien les deux nymphes que l'on y voit actuellement sous leur peinture dorée !

    Ce ne sont pas les deux atlantes de la façade, mais deux espèces de sculptures féminines qui, à l'intérieur du Grand Bar, encadraient le grand miroir au-dessus du comptoir !

    L'atlante est la variante masculine de la caryatide... et les deux soutiennent quelque-chose.

  • Moi je ne l'ai jamais connu, le Grand Bar. Intéressante conversation entre MB et LR sur le sort des quelques vestiges...

    Réjouissons-nous mes frères que la Balance soit le seul projet d'envergure qui ait ainsi ravagé de sa modernité incongrue l'architecture intra-muros - encore que vers le lycée Mistral et le bout du Bd Raspail il y ait aussi quelques initiatives peu heureuses... mais moins visibles.

    Le rez-de-chaussée toujours vide bien remarqué par Brigetoun est-il dû au loyer démesuré exigé par les gestionnaires ?

  • Ce RDC est géré par notre Conseil Général cher (très cher !) au vauclusiens. Quant au fait que les lieux soient cadenassés : on ne peut être agacé que parceque l'on n'y vit pas. A moins que l'on apprécie les gens qui pissent partout, les camés de tout poils, les SDF avinés, les rôdeurs, les gratteurs de guitare à 3h du mat' (il y a, même à La Balance, des gens qui bossent et qui ont le droit de dormir), ceux qui se garent n'importe où, ceux qui font pique-nique en abandonnant force papiers gras et canettes de bière, etc. Au bout de Raspail ou vers Mistral ce n'est pas le pire. Allons voir ce qui se fait (c'est extra-muros) à Saint-Lazare, face à Sainte-Marthe. Une horreur architecturale motivée par la seule spéculation immobilière. Et ce n'est pas finit puisque l'îlot près de la voie ferrée doit être "réhabilité".

  • Très éloquents tous ces commentaires sur le quartier de la Balance, pas sûr qu'il n'y ait que des bobos d'ailleurs. Et je ne trouve pas cet immeuble plus beau ou plus intéressant que le reste, mais plutôt pire avec son plexi arrogant. J'aimerais bien savoir quels sont exemples que l'on donne en modèle aux élèves architectes dans ce que notre époque a pu pondre de non sens et de lieux à ne pas vivre. Je sais qu'il y a des réussites aussi, j'aimerais des avis, c'est tout.

  • Connaître cette institution avignonnaise et en avoir été le gérant actuel aurait été mon plus grand plaisir, quel dommage que de si belles choses aient été vulgairement détruites.

  • Au rez de chaussée sur chaque mur il y avait deux cariatides en stuc encadrant les panneaux et surmontées chacune par deux angelots formant une arcade. Deux de ces cariatides sont au Cintra, deux autres sont à Lunel dans un cabaret, les quatres autres ont été données je crois à Joël Bameule (architecte d'intérieur).
    Les avalantes en pierre portant le balcon en façade, n'ont pas pu être sauvés lors de la démolition de l'immeuble. Monsieur Silvain Gagniere conservateur du Palais des Papes était intervenu auprés de Malraux afin que cet immeuble ne soit pas détruit.
    Alain Rieu fils de Lucien Rieu et petit fils de Paul Selva dernier propriétaire du Grand Bar.

  • les caryatides ont disparues au cours de la démolition mais pas pour tout le monde!!

  • ceux sont des deux atlantes de la façade dont je voulais parler et non des caryatides qui ont fait plaisir à un notable de l' époque!!

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