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Cartoucho 6 o la gàbi de Langlade

Cartouches 6 ou la cage de Langlade
Cartouches 6 or the cage of Langlade

2358299614.jpg4014014180.jpgRempart du Rhône
« En arrivant à Avignon, par le bateau à vapeur, quand vous aurez passé sous l’ancien pont de pierre (pont Saint-Benezet), regardez en haut de cette tour placée à côté de la porte du Rhône, vous y verrez encore une cage de fer. Là était la tête de Langlade. Le temps, et les pierres lancées par les enfants, en ont fait tomber toutes les parties. »
In "Histoire dramatique des brigands célèbres sur mer et sur terre" (1845)

Lien permanent 31 commentaires

Commentaires

  • Merci de nous servir d'échelle grâce au téléobjectif. Je ne les avais jamais vus d'aussi près. Il me semble deviner sur l'emplacement de gauche les traces des martèlements révolutionnaires qui détruisirent blasons et inscriptions. En bas les trous sont ceux de la lourde grille débordante derrière laquelle fut exposée la tête du criminel Langlade (d'où le nom de la tour), Brrrr...tremblez !.

  • Il faudrait remettre des grilles et y placer une tête de mannequin ensanglantée :
    ce serait du plus bel effet pour le tourisme.

  • Vu la hauteur des dits cartouches, je doute fort qu'ils en soient vraiment. Je pense de prime abord plutôt à des restaurations plus ou moins hasardeuses du XIXe siècle. La vocation première des cartouches étant pour le moins d'être bien visibles et lisibles par le plus grand nombre. Ils se doivent donc d'être à hauteur de vue. A voir la hauteur à laquelle ils sont situés j'ai quelques doutes sur les possibilités de lecture. L'hypothèse d'armoiries est peut-être plus séduisante, car ces dernières se composent bien souvent que de dessins plus facilement lisibles que des textes écrits dans des cartouches.
    hrms

  • Michel tu as raison, je suis sûre qu'on n'a pas fini d'explorer les ressources du tourisme "gore". Déjà de nombreuses villes organisent des visites nocturnes ("ghost tours") où on vous emmène dans les ruelles les plus sombres en vous racontant des pans d'histoire sanglante et des histoires de sordides assassinats et de fantômes. A quand Avignon ? Il faut faire des recherches historiques et concevoir l'itinéraire, un bon projet sur lequel faire travailler des étudiants en tourisme.

  • Bon, ci-dessus c'était ma digression professionnelle. Avignon Twilight.

    Maintenant pour en revenir à cette tour, bravo.

  • Oui, bien sûr il devait s'agir, comme je l'écrivais, plutôt de blasons que d'inscriptions. Nos responsables ayant en charge le tourisme se soucient, me semble-t-il, comme d'une guigne, des possibilités de mise en avant pour nos amis visiteurs de notre patrimoine hors le Pont et le Palais. Sans tomber dans le gore on pourrait imaginer un Tour des Remparts qui serait un circuit commenté bourré de faits d'Histoires et d'anecdotes ? Avec quelques panneaux explicatifs. J'ai vu l'autre jour des gamins qui jouaient aux fléchettes dans le petit parc aménagé au pied du rempart en face le Bokao's. Savaient-ils qu'ils étaient exactement à l'endroit où s'entraînaient, entre les deux tours, les arbalétriers ? Et puis il y a l'histoire plus récente, celle qui n'est pas dans les livres et qui se perdra un jour si personne (comme le fait ce blog) ne transmet la mémoire...Heureusement il y a des gens formidables qui sont là tel Marc Maynègre. Et puis il y a les obscurs. Gamin j'ai souvent entendu ma mère me parler du mystérieux meurtre de Mme Furimond qui s'était produit après la guerre. J'ai fait pas mal de recherches à ce sujet jusqu'à ce que je découvre que cette haletante histoire avait été discrètement (trop) mise en ligne par l'ami Sacripanti :

    http://un-mysterieux-assassinat.blogspot.com

    Nat': oui, pourquoi pas des visites nocturnes. Mais d'abord faudrait faire taire et mettre au pas tous les soiffards, rôdeurs et autres sans-gêne qui empoisonnent la vie des habitants... Sans compter avec la saleté de la ville.

  • Lou, c'est un plaisir de te lire. Je suis particulièrement sensible aux évènements elliptiques comme ces gamins qui choisissent ce lieu pour lancer des fléchettes !

  • Dans "Le Palais des Papes d'Avignon" (1907) de Félix Digonnet, on lit :
    « En outre des constructions du Palais, Urbain V compléta les remparts d'Avig'non sur deux points : depuis le portail des Peiriers ou Caniers, en face des allées de l'Oulle, jusqu'à la tour ronde dite de Langlade, à côté de la porte du Rhône, et depuis le Portalet, sur le port au bois, en face du débouché de la Durançole dans le Rhône, jusqu'au Rocher des Doms. On voyait autrefois les armes de ce Pape avec celles de la ville sur la tour carrée du port au bois, au détour de la Durançole, et sur la porte primitive de la Ligne. qui était en face de la rue de la Banasterie, et qui fut reconstruite sur son emplacement actuel, à la suite de l'inondation de 1755. »

  • Merci à Lou Ravi pour avoir mentionné l'exposition de la tête de Langlade. Ignorant tout de ce personnage, je recherchais des infos, lorsque je suis tombée sur l'un des bouquins passés dans le domaine public et numérisés par par Google dans le cadre d'un projet visant à permettre aux internautes de découvrir l'ensemble du patrimoine littéraire mondial en ligne.

    Le livre en question est "Le Palais des papes d'Avignon" par Félix Digonnet. Extrait :

    L'achèvement des remparts d'Avignon
    En outre des constructions du Palais, Urbain V compléta les remparts d'Avignon sur deux points : depuis le portail des Peiriers ou Carriers, en face des allées de l'Oulle, jusqu'à la tour ronde dite de Langlade à côté de la porte du Rhône, et depuis le Portalet sur le port au bois, en face du débouché de la Durançole dans le Rhône, jusqu'au Rocher des Doms.
    On voyait autrefois les armes de ce Pape avec celles de la ville sur la tour carrée du port au bois, au détour de la Durançole, et sur la porte primitive de la Ligne, qui était en face de la rue de la Banasterie, et qui fut reconstruite sur son emplacement actuel, à la suite de l'inondation de 1755. Un contemporain, Aymeric de Peyrac, signale l'achèvement des remparts d'Avignon parmi les constructions de ce pontificat, qui fut encore plus troublé que celui d'Innocent VI par les perpétuelles incursions des routiers.
    S'ils ne purent jamais rien entreprendre contre Avignon, grâce aux fortifications puissantes du Palais et des remparts, on y vivait dans de continuelles alarmes, car tous les environs étaient ravagés, et la ville, enrichie par la présence de la cour papale, était une trop riche proie pour ne pas attirer toutes ces compagnies de pillards.

    Lire ce passage (et tout livre) en ligne :
    http://www.archive.org/stream/lepalaisdespape00digogoog#page/n326/mode/2up

  • Michel,
    Pendant que j'étais occupée à mettre en forme mon commentaire, tu publiais le même extrait du même bouquin ! As-tu suivi le même chemin ou avais-tu cette référence en tête ?...

  • Intéressante concordance !

    Lou - incroyable, l'histoire de l'assassinat mystérieux publié sous forme de blog en 2006.

  • Je ne savais pas que le Digonnet était en ligne. Merci de l'avoir signalé.

    Nat': JP S a écrit aussi sur d'autres sujets et c'est sur le net. L'affaire Furimond pourrait servir de script à un beau polar noir ! "Détective" y a consacré de nombreuses pages notamment en 1948 et 1953. Depuis cette assez extraordinaire affaire est retombée dans l'oubli.

  • Je suis sans aucun doute à côté de la plaque mais ces cartouches me font penser à trois ouvertures qui auraient été comblées...

    Très riche note et commentaires enrichis d'heures en heures.

  • Lou n'ayant pas rebondit sur mon appel du pied concernant le criminel Langlade dont la tête fut exposée dans la tour du même nom, qui aurait des infos sur l'assassin de la rue de la Masse (selon le titre d'un ouvrage de Marcel Briol) ?

  • Désolé, j'avais zappé l'appel du pied. Bravo car le lien est direct: cela se passe en février 1768. Un certain Dubourg, en fait Langlade, avait assassiné Mince de Forbaré, horloger rue de la Masse, sa bonne et son fils. Le crime marqua les esprits tout comme l'exposition, des jours durant, de la tête ensanglantée à la grille de la tour qui portera ensuite le nom de Langlade...

  • Extrait d'un article paru dans "Le Temps", à propos du Salon de 1887, signé Paul Mantz, critique d'Art :

    En se promenant au Salon, on reconnaît de loin les paysages qui ont été peints sous l'impression directe de la nature. Impossible de n'être pas arrêté au passage par "la Tour Langlade, à Avignon", un tableau méridional et blanc, dû au pinceau, encore inconnu, d'un peintre qui doit être jeune, puisqu'il est soldat au 74e de ligne.
    Ce vaillant paysagiste a d'ailleurs un nom facile à retenir il s'appelle Garibaldi. Il a déjà beaucoup de talent, parce qu'il a beaucoup de sincérité. Cette "Tour Langlade", avec les maisons qui l'environnent et la route poussiéreuse du premier plan, est plutôt une étude qu'un tableau ; mais le soleil du pays des cigales y règne en maître, et l'exécution y est d'une franchise absolue ; on y voit d'ailleurs des habiletés de pinceau qui procèdent d'une illustre origine : en étudiant la façon dont M. Garibaldi étend la couleur sur la toile on s'aperçoit qu'il est un très intelligent élève de M. Vollon.

    Le peintre en question est Joseph Garibaldi 1863-1841, né et décédé à Marseille (voir Wikipédia).
    Je n'ai pas encore réussi à trouver sur la toile cette "Tour Langlade" qui lui a valu la Mention Honorable au Salon de 1887.
    Dommage !

  • C'étaient donc les armes des papes qui ornaient ces cartouches. Je n'aurais jamais pensé qu'il y ait autant de cartouches tout autour des remparts.

  • Lou : très difficile de trouver des références sur cette histoire de Dubourg-Langlade...

    Tilia : il y a actuellement à l'université d'Avignon - Ste-Marthe une exposition où l'on voit plusieurs photos de Garibaldi (mais ce n'est pas le même...) Quant aux dates de Joseph que tu cites (1863-1841), il doit y avoir une erreur... Décédé en 1941 ?

    Fardoise : il n'est toujours pas sûr que ces cartouches aient porté des armes papales. Ils pourraient très bien être XVIIe... non ? Ce seraient alors des armes de légats peut-être... Mais pourquoi trois blasons simultanés ?

  • 1941 bien sûr ! j'aurais du relire plus attentivement, mea culpa ;-)

    Il y a quelques infos supplémentaires dans l'article "Joseph Garibaldi (peintre)" de Wikipédia

  • j'ai écrit une étude sur l'affaire langlade; on peut sur la procurer par le site priceminister; jean-louis charvet

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