Petit Jean cache son blé
Little John hides his wheat
Kleiner John versteckt seinen Weizen
Le Comité de surveillance générale et de subsistances vient de délibérer de prier la municipalité de requérir le juge de paix du premier arrondissement de cette ville de lever le scellé à la maison de Jean Feste dit Pichot Jean et de faire transporter au setier les vingt sept sacs de bled que les commissaires lors de la visite domiciliaire y ont trouvé en contrevention à la loi qui exige les déclarations de chaque citoyen ; de le faire vendre pour soulager le peuple, en ordonnant que le prix provenant de cette vente sera déposé au trésorier de la commune pour en faire l'emploi porté par la loi, le manque de blé que l'on éprouve au setier permet d'exiger cette mesure. Le Comité offre de nommer un Commissaire qui ira en faire la vente et la recette. Avignon le 12e jour du 2e mois de l'an 2e de la République française.
9 signatures dont le président, le secrétaire et 7 membres
12 brumaire an 2 (2 novembre 1793)
Commentaires
ah ces accapareurs !
Cher Michel,
Amaga étant l'infinitif, il faudrait plutôt écrire "amago".
Sauf si tu fais le choix de la graphie classique, mais jusqu'à présent cela ne semblait pas le cas
Mince, tu as raison, Effelle !
Belle suite ! du Vieux-Sextier de Grivolas au setier de 1793 manquant de bled, raison pour laquelle le Comité demande la réquisition des 27 sacs détenus par Pichot Jean.
Dans ce contexte, je pense que "setier" devrait plutôt s'écrire sans accent aigu, d'autant plus qu'il n'y a pas d'accent dans le document manuscrit signé par le préfet et sa suite...
Dis-moi Michel, si le "setier" à présent inscrit dans les tags du blog se réfère à l'ancienne unité de mesure des grains (et autres matières sèches) ou bien à l'appellation des greniers à blé d'Avignon (l'ancien et le nouveau) plus tard orthographiée Sextier ?..
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C'est bien entendu au lieu d'entrepôt des grains que le mot setier fait allusion.
Je ne suis pas sur qu'il faille lire préfet après la signature de Raphélis. Il a plutôt écrit "présent", formule fort répandue en ce temps. Et il me semble que les Préfets sont une invention de Napoléon, quelques années plus tard.
Observons par contre que les tracasseries administratives ne datent pas d'hier : ce que l'on reproche au malheureux Pichot Jean, c'est qu'il n'a pas fait sa déclaration. Moyennant quoi un aréopage de la bien-pensance du moment va le spolier sans scrupules.
Effectivement. J'ai corrigé sétier en setier. Pour le tag je ne me suis pas posé la question !
J'ai enlevé préfet dans le doute (le mot existe depuis la Rome antique), mais pourquoi Raphélis serait-il le seul à mentionner "présent" ?
Ah mais non, j'ai trouvé. Raphélis c'est le président. Où avais-je la tête ?
Fectivement ! Le mot préfet est en effet antique, mais il était tombé en désuétude avant que Napo le remette au goût du jour.