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Teoudor Aubanel d'Estève Carjat

Théodore Aubanel par Étienne Carjat
Théodore Aubanel by Étienne Carjat

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Lien permanent 19 commentaires

Commentaires

  • Un brin de désenchantement se lit dans le regard de ce poète dont le destin fut bridé par la catholicité

  • Se faire tirer le portrait par Carjat était un signe de réussite, ou d'envie de réussir...
    L’amoureux transi de la belle (?) Zani a-t-il fait exprès avec de choisir pour son œuvre majeure (« La grenade entrouverte », cet ouvrage ne m’a jamais passionné ) un titre ambigu au point que Mistral dans sa préface s’en amuse allègrement. Cette mióugrano entreduberto qui tente les oisillons finira par s’ouvrir plan-planet et régaler les fripons d’oiseaux de ses milliers graines de corail… et « li couquin d’amourous devourisson (dévorent) de poutoun (baisers) li bèlli chato vergougnouoso (les belles filles pudibondes) ». Tous ces textes perdent complètement leur force lorsqu’ils sont traduits en français…

    A propos d’Aubanel on peut rappeler que la ville ne s’est pas manifestée (encore un mépris pour notre culture ?) lors de la vente du Musée Aubanel. Il paraît que le premier n° du journal mythique L’Aïoli a été racheté par un antiquaire français qui l’aurait revendu à un britannique.

  • Quoique tu lises sur Avignon de près ou de loin le nom des "Aubanel" apparaît..
    Famille "Icône"pour notre cité...

  • Fondateur du Félibrige
    Bien pensant, trop pensant, nous affirme Tilia
    Jugez-en plutôt :

    Alors, en avez vous gardé souvenir,
    De ce jour où le long du chemin,
    Vous faisiez devant l'oratoire
    Votre prière du matin ;

    Prière douce, tendre, ancienne !
    Moi, venu d'hasard par ici
    En écoutant le beau cantique,
    Je m'étais arrêté tout ému (...)

  • À Francès Dumas

    De si ple ridicule estranglant toute gràci,
    L'orre vièsti bourgés èro pas fa pèr tu ;
    Ta caro gravo e fino a l'enòdi e lou làssi
    Dóu laid universau ounte nous an coundu

    Li sartre. Au founs dóu cor pèr la bèuta mourdu,
    Tis iue ravassejant se nègon dins l'espàci.
    Vai ! sabe mounte vas en ti pantai perdu :
    — Te passant douçamen si det blanc sus la fàci,

    Peresouso uno enfant, que ni viho ni dor,
    Te sourris... Enterin, mut, dins ta raubo d'or,
    Em' uno esclavo negro, emé la blanco fiho

    Agrouvado à ti pèd sus li flour dóu tapis,
    Regardes, à travès lis arcèu de lapis,
    La luno se leva dins lou cèu de l'Asio.

    Teoudor Aubanel "Li fiho d'Avignoun"


    À François Dumas

    De ses plis ridicules étranglant toute grâce, l'horrible vêtement bourgeois n'était pas fait pour toi ; ton visage grave et fin a l'ennui et la lassitude du laid universel où nous ont conduit

    Les tailleurs. Au fond du cœur mordu par la beauté, tes yeux rêvassant se noient dans l'espace. Va ! je sais où tu vas perdu en tes songes : — Te passant doucement ses doigts blancs sur la face,

    Nonchalante une enfant, qui ne veille ni ne dort, te sourit... Cependant, muet, dans ta robe d'or, avec une esclave noire, avec la blanche fille

    Accroupie à tes pieds sur les fleurs du tapis, tu regardes, au travers des arceaux de lapis, la lune se lever dans le ciel de l'Asie.

    Théodore Aubanel "Les filles d'Avignon"

  • j'aime assez les portraits de nos illustres personnages avignonais ............ merci !!!! il faut continuer................................

  • Bonjour,

    Comment ne pas regretter la disparition de la librairie AUBANEL rue Saint-Agricol.

  • J'en ai encore deux à venir, Marc, mais je cherche...

    Ce n'était pas la librairie Aubanel, Guima, mais la librairie Roumanille !!!

  • Il faut dire qu'ils étaient très proches.
    Roumanille présenta Aubanel à Frédéric Mistral. Le félibrige allait naître.

  • On comprend à la lecture de l'extrait des fiho d'Avignoun que Michel nous dévoile, qu'Aubanel eut fort à faire avec les cathos de la ville qui lui reprochèrent la sensualité de certains de ses textes. Sur Wikipédia cela est bien souligné avec cette particularité que la maison Aubanel travaillait pour l'archevêché...Le poème cité par Jeandler n'est révélateur que de la cour que fait Théodore à la très pieuse Zani (Jenny Manivet). Ils tous essayé mais cette amie de Clarisse et Joséphine (les soeurs de Paul et Jules Giéra) resta fidèle à son homme: Dieu. Et finira par rentrer dans les ordres au grand désespoir de son éternel soupirant, Théodore Aubanel.
    Occasion de rappeler que nos félibres et provençaux célèbres étaient plutôt de joyeux bringueurs courant les filles (et les garçons comme Folco de Baroncelli) et secouant le bourgeois à l'occasion...

  • Le texte sur François Dumas est empreint de tendresse vis-à-vis d'un ami intime dont les rêves étaient enfermés dans son costume de fonctionnaire... Je le sais, François Dumas c'était mon arrière-grand-père.

    Quand au bouillonnement dans la tête proéminente de cet immense poète ni grand, ni beau, il suffit de lire la préface des Filles d'Avignon pour en juger :

    « LE CAPITAINE GREC

    Un capitaine grec qui portait cuirasse, du temps de Barberousse, a été mon aïeul ; grand chercheur d'aventures, s'enivrant du fracas des armes, fer au poing il criait : Gare devant !

    Peste, lions, sables immenses du désert, famine, rayons brûlants, il avait tout affronté ! Les loups et les vautours suivaient tout réjouis sa cavale noire, sachant qu'il y aurait de morts belle jonchée.

    Vingt ans il tailla les Turcs, il enleva les Sarrasines ; son épée au soleil reluisait cramoisie, quand sur les Barbaresques il passait comme un fléau.

    Au grand galop, terrible, indomptable, farouche !... De là vient que parfois mon vers de sang est rouge : je tire de lui mon amour des femmes et du soleil. »

    Avec un très élégant jeu de mots !
    (Je vous fais grâce de la version provençale versifiée.)

    Une époque où l'homme est souvent enfermé dans son corps, qu'il soit écrivain ou fonctionnaire...

  • Lettre de François Dumas au fils de Théodore Aubanel, un peu moins d'un an après la mort du poète :

    « Avignon, le 13 7bre 1887

    Mon cher ami,

    Nous recevons aujourd'hui copie du décret qui autorise la ville d'Avignon à donner à une de ses rues le nom de votre regretté père et je m'empresse de vous en informer.

    C'est donc chose faite, la délibération du conseil municipal sera mise à exécution, malgré les récriminations de certains archéologues d'occasion.

    Je vous serre cordialement la main.

    F. Dumas »

  • Pas étonnant que certains aient trouvé Aubanel trop "charnel"...Sur Aubanel et Mallarmé lire le blog de PM Danquigny, notre ex syndicaliste de la FSU parti sous d'autres cieux. Je ne savais pas (je fais référence à F. Dumas) une telle filiation. Ce capitaine grec, quelle santé terrible, il pétait le feu !

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