Au château de la Barbière
At the Barbière castle
Im Schloss Barbière
![]() Photo Maurice Costa, années 1960. AMA 182Fi515. Propriété Lapeyre, maison de maître du XVIIIe siècle. Voir les photos de Mario Atzinger de cette époque. |
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Au château de la Barbière
At the Barbière castle
Im Schloss Barbière
![]() Photo Maurice Costa, années 1960. AMA 182Fi515. Propriété Lapeyre, maison de maître du XVIIIe siècle. Voir les photos de Mario Atzinger de cette époque. |
Commentaires
le type même des maisons de maître de la campagne provençale aux belles proportions
Au départ une grange construite en 1678 par Henri de Suarez d'Aulan, vendue vingt ans plus tard à Nicolas Barbier, puis passe en 1718 par succession à son fils Jean-Baptiste Barbier. Ce dernier, auditeur de la Rote, est responsable de l'agrandissement, sinon la reconstruction, de la bâtisse, qui est effective au plus tard en 1744, date de son décès où un inventaire décrit beaucoup plus de pièces et de mobilier que le précédent établi à la mort de Nicolas.
L'aspect général du "château" est d'ailleurs conforme au goût des années 1730-1740, notamment la grande porte surmontée d'un garde-corps en fer forgé.
Grand merci, Alain, pour l'historique de ce "château" qui répond à la question que je me posais sur l'origine de l'appellation "de la Barbière".
Réponse complétée par l'enquête d'utilité publique de 1961 concernant la "propriété Lapeyre" évoquée dans cette notice :
https://archives.avignon.fr/4DCGI/Web_VoirLaNotice/03_06/94W48/ILUMP29652
Vu la distance, non négligeable, entre le terrain de la Résidence de la Barbière et celui du Parc des Sports, je trouve la raison de l'expropriation de la propriété Lapeyre "située sur le terrain du futur parc des sports" un peu.. inappropriée.
Peut-être à l'origine les projets de Parc des sports devaient-ils englober la propriété Lapeyre.
Ceci expliquerait la prière du monsieur... ^_^
Oui, l'association du château de la Barbière à un Parc des Sports peut paraître de nos jours incongrue, mais à la fin des années 1950 le site était quasiment désert : quelques fermes, beaucoup de haies, de rares voies, bref un paysage fortement rural. Même ce qu'était alors la "route de Marseille" - la RN 7, déclassée depuis ! - passerait de nos jours pour un obscur chemin vicinal.
Il est probable que le projet de 1961 pour un "futur parc des sports" n'ait jamais vu le jour tel qu'initialement pensé par ses promoteurs. La lecture détaillée du dossier signalé par Tilia en dirait sans doute plus.
Les vues IGN de 1964 montrent qu'à cette date, il y a eu des aménagements autour du château, mais rien que l'on puisse qualifier de "parc des sports". Et le reste n'a quasiment pas changé, la ruralité continue à dominer, seul le MIN a été établi de l'autre côté de la RN7 depuis deux ans.
Malheureusement, il n'y a pas d'autres photos aériennes sur le site avant 1973. Dès cette époque, stade, piscine, centre commercial, HLM, rocade ont fait irruption dans le paysage qui est entièrement bouleversé. Et cela ne faisait que commencer... (souvenir ému d'un passage avec quelques amis en direction de Saint-Gabriel. Soudainement, nos valeureux Solex se retrouvèrent au milieu des bulldozers... ce devait être fin 1969....)
J’espère pour son moral que cette maison n’a pas de mémoire ou qu’elle a perdu la boule après votre passage à Solex.
Ce pauvre château de la Barbière n'avait rien à craindre de nos valeureux mais pacifiques Solex... En fait, nous nous sommes retrouvés au milieu d'engins de chantier en train d'éventrer les champs autour du chemin de la Croix Rouge pour commencer le déblaiement de la future rocade. Nous avons tranquillement rebroussé chemin pour contourner l'obstacle, ralliant Saint-Gabriel via le chemin de Sourdaine. Cette irruption brutale de bulldozers, scrapers et autres monstres dans un décor alors agreste et paisible m'avait marqué !
Je n’ai pas été clair. Je voulais dire que, si cette maison a une âme, elle doit bien malheureuse maintenant, cernée d’immeubles, en pensant à sa vie d’avant 1969 au point que je lui souhaite amnésie ou folie.
Et je pense comprendre combien ça a pu vous marquer car j’ai vécu des expériences un peu similaires en Chine au début des années 2000 où la campagne disparaissait sous les assauts des engins de chantier. La comparaison ne s’arrête pas là, car vous étiez à Solex, sans doute sans casque et moi j’étais sans casque sur mon side-car Changjiang. Cependant c’étaient pour moi des campagnes anonymes au bout du monde alors que vous avez vu votre propre ville se transformer.
Superbe divination, nous étions en effet tous sans casque, accessoire non obligatoire à l'époque - il ne l'est pas plus de nos jours pour les trottinettes, donc certaines filent pourtant bien plus vite que les 30 km/h d'un S 3800 !
Quand au château, effectivement il est préférable qu'il ait oublié sa splendeur passée pour supporter ce qu'il est devenu, lui et le quartier auquel il a donné son nom.
Mais je préfère garder des souvenirs plus positifs du site, les balades avec ma grand-mère (qui habitait chemin de la Croix Rouge) dans ces chemins bordés de poteaux électriques trilobés si caractéristiques, qui pour nous symbolisaient "la Durance". Je pense qu'il doit en exister encore quelques uns.