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La toumbo de Guillaume Tell

La tombe de Guillaume Tell
William Tell's Tomb
Wilhelm Tells Grab

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Cimetière St-Véran carré 4 Nord rangée 9
Un repérage de Gérard Brunner. Merci !

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Blaise Marius GUILLAUME TELL (1824-1888)
Préposé en chef de l'Octroi, 25 rue St-Jean-le-Vieux
Maître Vénérable de la loge l'Union des arts et métiers à l'Orient d'Avignon
Maître de Haut grade de la loge la Clémente amitié à l'Orient de Paris (1853).

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Commentaires

  • Pas banal en effet.

    Du coup, en grattant un tout petit peu, on trouve :

    Etat-civil d'Avignon - Acte n° 298 (vue 153) registre 1E 394, du 25 mars 1888.
    Décès de Blaise Marius Tell Guillaume, ancien préposé de l'octroi, fils de Antoine Tell Guillaume, en sa maison du 25 rue St Jean le Vieux.

    L'autre personne mentionnée par la plaque (et curieusement gratifiée de "décédéE" alors que ses prénoms semblent bien masculins) ne se retrouve pas.

    Par contre on trouve dans l'état-civil d'Avignon le décés en janvier 1867 de Colombe Catherine Marie Antoinette Guillaume-Tell, fille du précédent, âgée de 12 ans.

  • Comment as-tu trouvé ces informations, Alain ?

    Sur une table décennale des naissances, il est également nommé GUILLAUME Blaise Marius Tell...
    (Né le 23 août 1824.) Tell est un prénom très rare. Je le soupçonne d'avoir transformé son troisième prénom en second patronyme...

    Cet homme aurait alors perdu ses deux enfants en l'espace de 5 ans.

    Si l'on arrive à lire les patronymes sur le bandeau supérieur de la tombe, la plaque centrale est devenue quasiment illisible. Les inscriptions lisibles sont gravées sur les côtés du caveau, L'étroitesse de l'espace entre les tombes rend la photographie extrêmement difficile. Ce pourquoi je n'ai photographié que ces deux personnes, Blaise Marius étant le personnage phare.

  • Dans le Fanot de 1868, il y a :

    ● Cours Bonaparte
    Guillaume-Tell, quincailler, teneur de livres
    ● Merciers et quincaillers, miroitiers
    Guillaume-Tell (Mme), cours Bonaparte
    ● LISTE GÉNÉRALE - G
    Guillaume-Tell, quincailler, teneur de livres, cours Bonaparte

    Mais point de Guillaume-Tell à l'octroi.

    Par ailleurs, il apparaît dans des résultats de recherche des personnes prénommées Guillaume Tell.

  • L'acte de naissance de Blanche-Thérèse Marie Louise Guillaume-Tell mentionne un autre mariage en 1923. En fait, veuve d'Augustin Vissac depuis 1918, elle s'est remariée cinq ans plus tard avec un militaire en retraite. L'acte de ce remariage la dit sans profession et domiciliée 2, rue Philonarde.

    Pour autant qu'on arrive à peu près à le lire, c'est le nom de Vissac qui figure après celui de Guillaume-Tell sur le bandeau sommital du monument funéraire.

  • J'ai pu accéder aux actes villeneuvois, qui jettent un peu de lumière sur l'identité de la famille.

    Comme signalé par Michel, c'est le 23 aout 1824 que voit le jour celui qui est enterré à Saint-Véran sous le nom de Blaise Marius GUILLAUME-TELL.

    Donc ce 23 aout, le sieur Antoine Tell Guillaume (aucun nom ou prénom en majuscule dans le texte), huissier, agé de 27 ans, domicilié à Villeneuve, déclare en mairie la naissance de son fils survenue la veille, et auquel il donne les prénoms de Blaise Marius Tell.

    Et déjà le père signe l'acte : Guillaume Tell.

    Mais j'ai aussi pu accéder à son acte de mariage le 26 avril 1820 : il y est dénommé "sieur Antoine Tell Guillaume", né aux Arcs (Var) le dix messidor an quatre, et fils de Nicolas Guillaume, décédé. Le père et le fils semblent exercer tous deux la profession de perruquier...

    L'épouse, Marie Belle, est fille de Villeneuve, où elle est née le cinq nivôse an huit.

    La conclusion de l'acte est que "le sieur Antoine Tell Guillaume et la dlle Marie Belle sont unis par le mariage", ce qui n'empêche pas le marié de signer "Guillaume Tell".

    Ma conclusion - toute personnelle - est qu'à la base de cette lignée, il y a un perruquier des Arcs appelé Nicolas Guillaume, qui profite de l'anarchie révolutionnaire pour gratifier son fils des prénoms d'Antoine et Tell. Le second évoque bien entendu un personnage s'étant élevé contre la tyrannie, ce qui est tout à fait conforme à la liste invraisemblable de prénoms "politiques" qu'on voit en ces temps troublés.

    Et rapidement, à l'âge mur, cet Antoine Tell Guillaume commence à écrire son second prénom à la suite de son patronyme, qui devient ainsi, par une sorte d'usurpation, Guillaume-Tell. Et que l'on finit par retrouver sous nos yeux à Saint-Véran.

  • Une dernière indication...

    Par acquit de conscience, j'ai regardé s'il y avait d'autres naissances entre le mariage des parents Guillaume (26 avril 1820) et la venue au monde de Blaise Marius Tell Guillaume (23 aout 1824). On en trouve deux à Villeneuve les Avignon :

    - le 21 janvier 1821, une fille qui reçoit les prénoms de Marie Catherine Marguerite Rosalie.
    - le 10 mars 1822, un garçon à qui on donne les prénoms de Pierre Tell Marius (dans cet ordre !).

    Dans les deux cas, le père signe Guillaume Tell, comme sur son acte de mariage, et comme il le fera encore pour Blaise Marius Tell. La seule évolution est qu'en 1820, 1821 et 22 il est dit perruquier, et en 1824 huissier.

  • Il n'est pas forcément besoin d'attendre une anarchie révolutionnaire pour tenter de se faire passer pour qui l'on n'est pas : c'est ce qu'a tenté de faire un député de nos voisins bucco-rhodaniens en ajoutant depuis des années un "de la Pagerie" totalement fantaisiste mais dont il trouvait que ça ajoutait un tantinet de charme impérial à son simple nom de famille, Taché.
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/09/13/le-depute-rn-emmanuel-tache-condamne-a-retirer-de-la-pagerie-de-son-patronyme_6640841_823448.html
    Et d'après sa notice wikipedia, ce monsieur a l'air de ne pas beaucoup se formaliser des règles de manière générale vu son contentieux avec son ex-assistant parlementaire !

  • Et voilà comment passer de la noblesse d'Empire à la noblesse d'en pire !

    Ceci étant, l'exemple (si peu exemplaire...) moderne est celui d'une usurpation rapidement réprimée, alors qu'entre la Révolution, l'Empire et la Restauration, on a vu quantité d'anoblissements spontanés qui depuis n'ont jamais été corrigés.

    La procédure classique était d'acheter un quelconque domaine rural - qui bien entendu, n'avait jamais été un fief , et d'en accoler le nom à son patronyme. On devenait ainsi un Martin des Huchettes ou autre...

    Sans oublier ceux qui se contentaient d'ajouter à leur fort roturier patronyme le nom de leur ville ou région d'origine - sport très pratiqué chez les conventionnels, à commencer par le compositeur de notre hymne national, Rouget dit Rouget de Lisle.

  • Gérard Brunner me fait parvenir un message et des documents.

    « Je vais essayer d'étoffer les frères et sœurs de Blaise, et la descendance de Blaise, mais ce premier aperçu montre que le patronyme GUILLAUME-TELL est bien une modification propre à Blaise. À noter que les 2 premiers enfants de Blaise sont nés à La Grand Combe.
    Ce qui m'a surpris c'est le parcours géographique de ces GUILLAUME, nombreux changements peut-être propice à des modifications de noms.
    Beaucoup de PERRUQUIER, je me demande s'ils ne suivaient pas les garnisons militaires (Bar le Duc, Marseille, Toulon, Nîmes, Villeneuve les Avignon, Avignon). »

    L'arbre généalogique des Guillaume qu'il a réalisé sur Geneanet :

    https://gw.geneanet.org/gerardbrunner?lang=fr&n=guillaume+ou+guillaume+tell&p=blaise+marius+tell&type=tree

    http://avignon.hautetfort.com/files/Arbre%20Jean%20GUILLAUME%20Geneanet%20G%C3%A9rard%20Brunner.pdf

    La fréquentation des Guillaume Tell présents sur Geneanet :

    http://avignon.hautetfort.com/images/Fr%C3%A9quence%20GUILLAUME%20TELL%20Geneanet%20G%C3%A9rard%20Brunner.png

  • La conclusion du suivi des garnisons est convaincante pour les parents de Blaise, mais moins pour lui puisqu'il semble revenir se sédentariser à Avignon vers ses 40 ans, après s'être marié à Crest et avoir résidé à La Grand Combe où naissent deux de ses enfants..

    Par contre j'aurai tendance à voir dans l'initiateur de l' "usurpation", non pas Blaise mais déjà son père Antoine, puisque ce dernier signe tout à la fois son acte de mariage et ceux de naissance de ses trois enfants villeneuvois "Guillaume Tell".

    Lors de ses épousailles en 1820 sa mère, veuve et illettrée, réside à Nîmes. Mais avec Marie Belle il a du faire un beau mariage car sa femme a une magnifique écriture !

    A noter pour finir que le père de Blaise est défini comme perruquier dans les trois premiers actes (mariage et naissances), mais que dans le quatrième en 1824, on le dit huissier. Il faut très certainement entendre ce mot non pas comme "huissier de justice", mais comme agent auxiliaire de porterie... - le Larousse définit le nom comme "Employé chargé, entre autres fonctions, de l'introduction des visiteurs dans les ministères, les grands corps de l'État, certaines administrations".

    Huissier, faites entrer l'accusé !

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