Cent-trente ans après place Costebelle
Hundred and thirty years after Costebelle square
Hundertdreißig Jahre nach Costebelle-Platz
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Cent-trente ans après place Costebelle
Hundred and thirty years after Costebelle square
Hundertdreißig Jahre nach Costebelle-Platz
Commentaires
La rue Carnot (Saunerie) était d'un tracé très irrégulier, et a fait l'objet de diverses opérations de réalignement tout au long du XIXème siècle. La partie la plus spectaculaire intéressait le Portail Matheron, nous en avons vu passer le plan ici même, juste avant Noël.
Pour le reste de la rue, ce sont, majoritairement, les immeubles côté sud qui ont fait les frais du coup de tranchet. Mais place Costebelle, cette maison formait un saillant d'importance - on voit sur le cliché ancien combien la rue obliquait pour contourner tous les obstacles.
Il serait intéressant de savoir si l'immeuble en cause a été entièrement reconstruit, ou si l'on s'est contenté de caler les planchers et de réédifier les façades. Les ouvertures semblent avoir le même entr'axe d'un cliché à l'autre.... Et il n'est pas impossible que le dernier étage actuel ne soit que l'attique d'origine. A creuser (si l'on peut dire !).
Sept fenêtres par étage en 1896 et cinq de nos jours, ça fait un sacré "coup de tranchet" !
Pas tant que ça, Tilia, puisque la partie de la façade tout à gauche est pleine sur une assez grande largeur, sans doute parce qu'il était difficile, pour des raisons structurelles, de conserver l'ouverture la plus proche de la rue. Donc une travée zappée par l'alignement, une autre remplacée par un plein de maçonnerie... le compte est bon !
On note également que tout à droite, la dernière fenêtre est restée "coincée" dans l'angle, comme dans l'état ancien, ce qui me laisse supposer que l'hypothèse de la seule reconstruction de la façade avec maintien des volumes intérieurs, est la bonne.
Pour mémoire, le cliché des Archives municipales est suivi de nombre d'autres qui montrent plus en détail le côté opposé de la rue, dont le moins que l'on puisse dire est que la ligne droite n'y régnait pas en maître !
Sans doute serait-il intéressant de retrouver le plan général de l'opération, auquel toute cette série de clichés fait référence.
Sur l'autre façade aussi il manque des fenêtres.
Alors qu'il y en avait quatre, dont une (la dernière à droite) très espacée des trois autres,
à notre époque il n'en reste que trois :
https://maps.app.goo.gl/SNNuwaPHRs2J1sDPA
J'ai retrouvé le plan directeur du projet d'alignement, tracé dés 1892.
http://archives.avignon.fr/4DCGI/Web_DF_VisuImgAppelExterne/034/53Fi421/ILUMP999
On voit que l'autre façade de la boucherie était trés biaise par rapport à la rue Carnot (Saunerie). Son redressement et le fait que l'entrée de la rue Petite-Saunerie a été elle aussi rabotée, font que cette face a très fortement diminué en largeur, d'où une réduction drastique de son nombre de travées.
Grand merci Alain, pour le plan directeur du projet d'alignement qui, grâce à vos explications, éclaire parfaitement l'opération (chirurgicale !).
Dernière constatation, la porte d'entrée de 1896 centrée sur la fenêtre du milieu (en débordant un peu de chaque côté) a perdu elle aussi de sa largeur, un seul battant à présent :
https://maps.app.goo.gl/D68Zvorc8bKgQbTT8
au lieu de deux dans le passé.
Oui, exact. Mais depuis 130 ans les multiples affectations commerciales du rez de chaussée n'ont certainement pas respecté les percements d'origine !
Commentaire, d'ailleurs, qui vaut pour une immense majorité des rez de chaussée de l'hypercentre.
Ce platane n'aurait pas plus de cent ans ?
Les projets de réalignement de la rue sur ce tronçon sont de 1895. Le platane a dû être planté juste après leur réalisation, il a donc de 120 à 130 ans. Ce qui n'est pas si mal !
un beau platane en plus.. la beauté intacte de l'immeuble et l'intéressant commentaire d'Alain Breton...
Mieux vaut tard que jamais, je réalise seulement maintenant que ce cliché Miesienski représente sans nul doute l' état originel de l'hôtel que Joseph-Ignace de Ribère, seigneur de Costebelle, avait fait reconstruire en 1698 sur les plans de Jean Péru. Le prix-fait reçu par le notaire Jean-Louis Mantillery mentionne les façades situées au midi et au levant.
On retrouve ici le style le plus austère de Péru - rien à voir avec l'ostentation de l'hôtel contemporain Puget de Chasteuil - qui se voit dans nombre de ses projets conservés : fenêtres en arc segmentaire simplement encadrées d'un chambranle, porte sans ornementation. L'architecture est seulement soutenue par la mouluration horizontale et les pilastres peu saillants rejetés aux angles. En haut, entablement compact (une "corniche architravée" pour être précis) et attique absolument nu.
Cette photo est donc un témoignage, sans doute unique, de l'état d'un hôtel particulier dont le propriétaire a donné son nom au site !