 Gravure de Louis David (1644 - ~1718), graveur, éditeur, fabricant d’indiennes (Paris, Avignon).
Louis BELLI °Avignon 7 novembre 1553 F.E.R.T. Fortitudo Et Religio Tenet La force et la religion préservent Porte couronne marquisale (maison de Savoie) D'azur à 7 barbeaux adossés d'or, 4 en chef et 3 en pointe |
BEAU ou BELLI (Louis), chanoine de la métropole d'Avignon, protonot. apostolique et grand vicaire du diocèse de cette ville, y naquit le 17 novembre 1553, y fut reçu docteur dans l'université le 19 septembre 1576, et y professa dès 1581 le droit canon avec une grande réputation. Il reçut, après 20 ans d'exercice, le grade et la robe rouge de comte aux lois. Il fut auditeur de la Rote en 1587 et 4 fois primicier de l'université (1580 1586 1595 et 1604). Il fut un des députés qui signèrent le traité d'accommodement fait avec les Provençaux au sujet des contestations survenues par rapport au cours de la Durance en 1618. C'est lui qui fit construire la tour du collège des Jésuites d'Avignon, dont parle Kircher dans la dédicace de son Primitiæ gnomonicæ (…) Les Jésuites, en reconnaissance de ses bienfaits, l'associèrent à leur ordre le 3 septembre 1621 ; il avait alors 68 ans. On a de lui un livre intitulé : Consilia posthuma, Genève, 1635, in-fol., où l'on trouve l'éloge de l'auteur par son neveu et son élève Louis Crozet. Ses décisions furent approuvées, en différents temps, par la Rote romaine. C'était un des plus grands jurisconsultes de l'époque. Il eut pour disciples les célèbres P.-F. Tonduti et André Payen.
C. F. H. BARJAVEL, Historique biographique et bibliographique du département de Vaucluse, 1841, T.1, p.152
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Commentaires
un notable et qui le méritait
L'hippogriffe (au-dessus de la couronne) a attiré mon attention et déclenché illico mon insatiable curiosité.
Du coup, j'ai découvert que cette gravure est un ex-libris de Louis David pour Bellis de Roaix... :
https://www.zvab.com/servlet/BookDetailsPL?bi=32124883963
https://journals.openedition.org/estampe/1533?lang=en#tocto2n5
Je n'en dit pas plus et laisse les personnes qui connaissent le sujet mieux que moi s'exprimer ici...
Du coup, je découvre que ce sont les seigneurs de Roaix qui portent guidon de la maison de Savoie.
Il s'agirait alors de Gabriel BELLI (ou BELLIS) seigneur de ROAIX, assesseur du cardinal vice-légat de Conti, professeur et comte aux Lois en l'Université d'Avignon, primicier en 1610, 1628. Comme l'écrit Jean Gallian.
Tant pis pour le chanoine de Notre-Dame-des-Doms qui a précédé ce Gabriel.
Maudespié, ai pas de biougrafìo pèr éu. o.O
Néanmoins le chapeau et le cordon à 3 rangs de houppes désignent un chanoine. Dommage que la gravure ne comporte pas l'indication des émaux sur ces accessoires périphériques...
Ceci étant, bien voir que nous parlons d'un prétendu ex-libris d'un personnage vivant au tout début du XVIIème siècle, et prétendu gravé par un artiste présent à Avignon à la toute fin du même siècle.... Petit hiatus, à mon avis !
Message précédent parti trop vite...
Pour terminer sur cette question de datation et expliciter ma pensée, il me semble que l'on se fait réaliser un ex-libris de son vivant !
Deux autres détails :
- Selon Jean Gallian, c'est la famille de Beau / de Belli qui descendrait d'un bâtard de la famille de Savoie
- Dans la notice de Barjavel, la mention de la tour du collège des Jésuites et le renvoi à Kircher est des plus intéressants. C'est au sommet de cette tour - dont la principale fonction était d'abriter un escalier qui existe toujours, au demeurant - que Kircher avait établi ses fameuses "projections uranographiques".
Je me demande si cette gravure, qui figure en tête de l'ouvrage "Primitiae gnomonicae catoptricae..." de Kircher, ne représente pas ces projections (dont subsistent quelques vestiges évanescents) :
https://imagizer.imageshack.com/img923/5376/7Yt3s5.jpg
En bas de ce beau document, on lit : "Avenione, Sumptibus Ioannis Piot".
Serait-il de notre famille Piot de l'île éponyme ?
Ces ex-libris ne seraient-ils pas les illustration d'un historique biographique ?
Cela expliquerait le décalage temporel, la célébrité du chanoine, que l'on peut donc considérer comme descendant de la maison de Savoie et mes remerciements à Alain.
Parfaitement possible... resterait à trouver le moyen de le vérifier. Ici nous sommes en 1635, et le patronyme de Piot ne s'associe à l'ile qu'à l'extrême fin du XVIIIème siècle, lorsque l'un des membres de la famille acquiert cette terre.
Jean Piot est l'éditeur de cet ouvrage. La mention "Sumptibus Joannis Piot" qui peut se traduire à peu près par "aux frais de Jean Piot" laisse supposer que c'est l'imprimeur qui a financé la gravure. Il est vrai qu'en termes d'illustrations, l'ouvrage est assez pauvre : pas de frontispice, deux planches seulement à être dignes de ce nom, le reste n'étant formé que de figures géométriques classiques et très frustes. Pour certaines, leur seul luxe est d'être légendées en grec, arabe ou hébreu.... une manière un peu pédante pour Kircher de rappeler l'universalité de sa culture.
Quant aux deux gravures réellement figuratives précitées, elles sont hélas anonymes.