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08/06/2026 10:56

Lien permanent 14 commentaires Pin it!

Commentaires

  • Et de saison, à quelque chose près...

  • Je ne vois pas le rapport avec la saison...

  • Sans blague ???

  • Au palais d’Été ?

  • La question est moins "où est-ce ?" que "qu'est-ce ?".

  • j'aime votre dialogue... ne comprends pas mais c'est normal

  • Disons pour faire court que l'emplacement et, partant, la définition, correspond à un site en relation avec les festivités de saison, pour lesquelles nous commençons à voir les première cigales prendre possession de notre cité.

  • Absolument Alain. Mais qu'est-ce que cette ouverture murée ?

  • Je ne vois pas le rapport ! Il va falloir nous donner des explications, Alain... o.O

  • En fait d'explication, j'imagine que tu dois dire, Alain, qu'il s'agit d'un même genre d'édifice.

  • Pour bien comprendre la chose, il faut avoir un point de vue un peu plus large, intégrant dans son champ les ouvertures de part et d'autre de ce grand arc - et qui sont tout autant murées que lui.

    https://imagizer.imageshack.com/img924/8869/toDVAo.jpg

    La maison Jean Vilar, ancien archevêché, ancien hôtel de Guyon de Crochans, est certes une construction de la fin du XVIIème, avec des aménagements remarquables des deux siècles suivants. Mais c'est aussi une ancienne livrée cardinalice, propriété en 1330 de l'un des plus importants cardinaux sous les pontificats de Jean XXII et Benoit XII, Pierre des Prés. Lequel à son décès trente ans plus tard fait donation de l'immeuble au chapitre de Saint-Pierre, qui le loue par la suite à d'autres prestigieux prélats, avant de le revendre en 1451 aux Brancas. Ces derniers le cèdent en 1671 à Louis-Henry de Guyon, seigneur de Crochans, chevalier, comte palatin, conseiller du Saint-Office et auditeur de la Rote (j'ai dû en oublier...).

    C'est cet éminent personnage qui entreprend la transformation complète de la demeure médiévale pour en faire le grand hôtel particulier que nous connaissons.

    Des vestiges des constructions antérieures sont encore visibles, notamment au droit de l'arceau qui enjambe la ruelle. Et ce que nous voyons encore au Petit Palais est conforme à l'aspect ancien de la livrée des Prés - si l'on oublie la grande porte d'entrée reconstruite au XVIIIème siècle. C'est dire que s'élevait directement sur la rue une grande façade, sans doute pourvue de fenêtres à meneaux à partir du premier étage, mais n'ayant pas d'autres percements au rez de chaussée que ces ouvertures hautes et de faible taille qui assuraient à la fois sécurité et ventilation.

    Les travaux engagés à partir de 1671 par M. de Guyon ont radicalement transformé ces dispositions, en faisant disparaitre les constructions en élévation sur la rue, dont l'emplacement est devenu une cour intérieure, bordée de trois ailes en U, et qui intègrent derrière l'unification des façades maints vestiges médiévaux.

    La représentation de cette construction médiévale sur le plan de 1618 figure des toitures parfaitement alignées sur la rue (actuelle rue de Mons) et non pas le vide d'une cour intérieure, confirmant ainsi l'état ancien de la façade. Nous pouvons aussi considérer l'épaisseur anormale du mur incluant les ouvertures obstruées, épaisseur bien trop forte pour constituer une simple clôture, et qui est d'évidence un vestige de la livrée des Prés, avec sa muraille dérasée en 1671 au niveau de son premier étage et non pas du rez de terrain.

    Donc pour finir, le cliché du jour, kézaco ? Simplement le grand portail de la livrée des Près. Ses piédroits ont disparu dans les modifications postérieures, mais en reste un magnifique arc brisé dont on devine la belle mouluration engagée dans le remplissage de son ouverture. L'axe du portail actuel sur rue est trompeur : ce splendide portique (œuvre de Pierre II Mignard) a été élevé au moment d'un élargissement massif de la ruelle qui donne, devant lui, vers l'hôtel de Ville. La présence d'un accès médiéval à quelque distance de celui moderne ne doit donc pas tromper, cet accès a migré dans le temps.

    Petit détail curieux de cet hôtel sans doute pas assez étudié par le passé, il présente la particularité d'avoir trois rez de chaussée... Après le niveau du portail monumental et de sa cour, on a au-dessous de l'immeuble un niveau de caves qui est de plain-pied avec la place St Pierre, et au-dessus, au niveau de l' "étage noble", l'aile aménagée en 1732 qui est de plain-pied avec le jardin séparant au nord hôtel et Vice-Gérence. Cela donne une vague idée de ce que devait être le parcellaire avignonnais médiéval, où les limites séparatives n'étaient pas plus en ligne droite dans le plan horizontal que dans le plan vertical !

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